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La presse vient de révéler l'incroyable scandale du délabrement du réseau d'eau potable en France, entraînant un gaspillage évalué à 2 milliards d'euros. Feignant de découvrir le problème, le gouvernement, par la voix de Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, s'empresse de rejeter la faute sur « Les collectivités qui ont l'obligation par la loi de rechercher les fuites », en menaçant « de leur demander de ramener leur taux de perte à 15 %, voire moins dans les zones urbaines denses ». Mais ce gaspillage est avant le résultat du véritable pillage par les entreprises privées de ce bien commun de l'Humanité qu'est l'eau.
Aujourd'hui, en effet, près des trois quarts des communes font le choix de déléguer la gestion du service de l'eau aux multinationales Veolia, Suez, ou Saur, qui réalisent, comme l'ont démontré plusieurs fois des enquêtes menées par les associations de consommateurs, des marges bénéficiaires inouïes dans la plus totale opacité. Evidemment, les services de communication de ces compagnies du Cartel de l'eau ont immédiatement réagi pour dire leur accord avec la ministre sarkozyste, et « renvoient la responsabilité aux élus locaux », selon le JDD, en poussant la provocation jusqu'à prétendre - sans craindre les contradictions - que les réseaux français sont « en meilleur état qu'ailleurs » (Veolia) ou que leur rendement se situe « dans la moyenne européenne » (Suez)... il faudrait savoir !
C'est avant tout à cause de ces prédateurs, à qui des élus acceptent de déléguer leur mission de service public, que l'eau est aujourd'hui en France non seulement gaspillée, mais aussi de plus en plus marchandisée et polluée. Dans le monde, l'eau est en train de devenir un enjeu stratégique comparable au pétrole, sous la pression du modèle financier et productiviste, générant parfois des conflits armés.
Le Parti de Gauche considère que seule la gestion intégralement publique de l'eau, conçue et défendue à l'échelle mondiale et appliquée à l'échelle locale, est le seul modèle qui permet de garantir une exploitation raisonnée et la préservation de ce bien commun de l'Humanité. Contrairement à ce que dit le gouvernement Sarkozy, il ne s'agit donc pas de faire payer aux usagers et aux contribuables la remise en état d'un réseau que continueraient à exploiter sans vergogne les compagnies privées. L'eau doit redevenir publique !
Dans son manifeste pour les élections régionales, le Parti de Gauche déclare que « le droit à l'eau, la promotion de modes de consommation plus sobres sont également incompatibles avec une gestion privée qui pousse au contraire à la consommation irraisonnée et qui tire profit de l'inégalité d'accès croissante à cette ressource. » Le PG propose « que les régions mettent en place des structures Nous proposons que les régions mettent en place des structures régionales de gestion de l'eau. Ce afin d'inciter les communes à gérer ce bien commun en régie publique et de leur en fournir les moyens. De nouvelles politiques pourront alors être mises en œuvre, notamment sur le plan tarifaire : premiers mètres cubes gratuits afin de garantir le droit d'accès à ce bien commun, tarif progressif afin de décourager la surconsommation d'eau et la péréquation tarifaire afin de garantir l'égalité des citoyens. »
La bataille pour un grand service public de l'eau, partout sur le territoire, est centrale pour le Parti de Gauche. Il portera cette revendication lors de toutes les prochaines élections, mais aussi dans les mobilisations locales provoquées par la renégociation des contrats arrivés à terme. Il s'agit d'une bataille mondiale, et le Parti de Gauche participera également à la mobilisation contre le Forum Mondial de l'Eau qui se tiendra à Marseille en 2012, organisé par le prétendu Conseil Mondial de l'Eau, qui n'est qu'une officine des grandes multinationales du Cartel de l'eau.
Quatre textes constitutifs de la réforme territoriale viennent d'être adoptés par le Conseil des Ministres. Le projet de loi sur la Réforme territoriale n'est ni une réforme technique ni
une réforme de « simplification », il s'agit ni plus ni moins d'un démantèlement sans précédent de l'organisation de notre République. Ce projet porte atteinte à la démocratie par
la remise en cause des fondements même de nos institutions et de leur capacité de mise en œuvre de l'intérêt général. Il est à rapprocher d'autres dispositions déjà prises ou en cours
d'adoption : suppression de la taxe professionnelle, lois « hôpital, patients, territoires « , « Liberté, Responsabilité, Universités », capacité à légiférer
par ordonnances sur la « simplification du droit de l'urbanisme, carte des circonscriptions électorales, « modernisation de la fonction publique » ...
Alors, on constate qu'il ne s'agit pas d'une recentralisation de l'action publique mais d'un véritable coup de force gravissime qu'opère Sarkozy contre la République, celle de 1789 et de 1945. La démocratie y est bafouée pour empêcher toute alternance et affaiblir tous les contre-pouvoirs.
Ca n'est pas l'affaire des élus mais celle de tous les citoyens :
- On favorise le bipartisme au travers d'un mode d'élection uninominal à un tour .Pour la première fois depuis 1789, il y aura en France des personnes élues sans avoir jamais été majoritaires dans un vote.
- Cette organisation est construite en référence à des objectifs de compétitivité économique et de mise en compétition des territoires et non afin de rendre un meilleur service public à l'échelle du territoire. Les nouvelles collectivités ne sont fondées en rien sur des projets partagés et des périmètres de solidarité. L'égalité républicaine ne peut tolérer une loi qui exacerbe les rivalités géographiques.
-Par les nouveaux transferts de charges sur les collectivités territoriales sans pour autant respecter les promesses de compensation financière, on les oblige soit à augmenter les impôts, soit à réduire les services publics. En la matière l'expérience montre que lorsque la puissance publique ne se donne plus les moyens d'agir, ce sont les marchands qui pallient ces manques, et ce au détriment de l'égalité d'accès de tous.
Le pouvoir espère faire passer ce coup de force grâce à un discours populiste sur le nombre élevé d'élus et la réduction des coûts et grâce à la complicité de certains grands barons socialistes voulant sauvegarder leurs bastions.
Le Parti de Gauche entend appeler à la mobilisation la plus large et la plus vigoureuse contre cette atteinte majeure à notre modèle républicain. Il se propose de mener, avec les organisations de gauche, les associations du cadre de vie, et les syndicats concernés qui le souhaitent, une vaste campagne d'explication populaire pour démonter les rouages de cette machination. Il affirme qu'un tel projet ne peut être arbitré que par le peuple car seul le vote et l'implication citoyenne peuvent empêcher une évolution inouïe de l'organisation républicaine de notre société. Nous en appelons donc au référendum. Il entend opposer à la vision libérale de l'organisation territoriale de la France une autre vision avec comme objectifs prioritaires : la mise en oeuvre de l'intérêt général, le contrôle démocratique comme condition de l'implication populaire et l'affirmation d'un modèle de développement économique et d'aménagement du territoire basés sur la solidarité et le développement local, avec comme outil la planification écologique.
Ceci est un appel solennel à la résistance !
Nous proposons à tous une démarche militante par la fondation d'un parti creuset, outil de notre projet politique anticapitaliste, le Parti de Gauche. Nous proposons un horizon politique, au-delà du capitalisme, la République Sociale et le programme des transitions qui y conduisent. Nous proposons enfin une stratégie à vocation majoritaire au parlement et au gouvernement, la stratégie du Front de gauche.
Nous entreprenons une démarche politique non seulement pour témoigner des valeurs dont nous sommes les porteurs, les héritiers et les flambeaux pour l'avenir ; mais nous menons également ce combat politique pour rassembler une nouvelle majorité politique de gauche dans le but de gouverner le pays. J'insiste, il s'agit bien de gouverner le pays, de changer la vie. Ce pays nous appartient autant qu'aux puissants qui l'accaparent.
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