«Vous êtes très nombreux, c'est le signe que ce qui se dit ici vous intéresse. Je remercie le journal l'Humanité de nous accueillir et de nous offrir cette magnifique fête et de nous accueillir. Vive le journal de Jaurès et Bravo à ses successeurs! Je remercie aussi le PCF, ses dirigeants, ses militants.
(Sur le ton de l'ironie): Camarades, nous voici tous partis à parler des régionales, à discuter de la passionnante question des exécutifs (rires)... Moi, ce qui me tord le ventre, c'est quel sera le score de Die Linke demain en Allemagne?! Die Linke, qui pour nous est un modèle! Comment le coordinateur du Non en Irlande va s'en sortir? Le bras de fer qui se joue dans le siècle n'est pas réglé, et nous en sommes protagonistes. Nous sommes là pour changer l'histoire, nous les humiliés, les mauvaise têtes. Comme nous l'avons fait en 2005. Nous en avons pris le goût! Si les camarades irlandais votent non, leur foutu Traité de Lisbonne est par terre, camarades! Mais s'ils votent oui, alors il va falloir faire dans des conditions encore plus difficiles au Parlement européen. C'est à cette hauteur-là qu'il faut mettre notre ambition!
Camarades, en décembre, nos frères chiliens vont voter pour l'élection présidentielle. Honte à ceux qui ont renoncé à présenter un candidat socialiste dans le pays de Salvador Allende! Et bravo à ceux qui ont décidé de remonter le drapeau rouge, celui de la liberté et du socialisme! Nous devons être à la hauteur de cette histoire-là! On nous regarde nous, les Français, parce que chez nous il y a eu des luttes - pour les retraites, contre le CPE- et le Front de Gauche. Soyons à la hauteur et à la grandeur du mouvement révolutionnaire français! Au mois de novembre, il y a une élection au Honduras. Les mêmes qui viennent de célébrer la chute du mur de Berlin ne disent mot sur le coup d'état au Honduras. Nous avons fait tout ce que nous avons pu pour soutenir les camarades du Honduras.
Et maintenant, je vous parle du Front de Gauche. Le Front de Gauche est un acquis, il a une identité politique. Nous nous battons pour conquérir la majorité à gauche parce que nous voulons mener la gauche. Nous voulons être DEVANT! Et ce n'est pas la peine de nous faire la leçon. Au second tour d'une élection, nous sommes capables de nous rassembler pour battre la droite. Nous ne mélangeons pas les deux tours. Nous nous battons pour passer en tête. Pas un Français ne croit qu'on manque d'idées à propos de la politique que nous voulons appliquer. J'ai proposé avec mon parti:
1° Le partage des richesses. Pour ça, il faudra qu'il y ait un rapport de force, et l'implication populaire. Notre programme ne peut pas s'appliquer sans le peuple! La technique, c'est l'implication populaire, encore, et encore, et encore! La principale force dont on dispose, c'est le peuple français! Nous sommes inintimidables!
2° La refondation républicaine de la France
3° La sortie du Traité de Lisbonne.
Voilà notre ambition! Alors, les régionales, c'est certes passionnant... Il faut conquérir, commencer par convaincre les gens d'aller voter. C'est pourquoi du point de vue de la construction d'un nouveau leadership à gauche, il faut que nous soyons autonomes au 1er tour. Oui le Front de Gauche doit être élargi, mais nous devons dire tranquillement, sans haine, sans agressivité, le Front de Gauche n'est pas élargissable au Parti socialiste. Avec le Parti socialiste, nous construirons un rapport de force au 2ème tour: nous les aiderons là où ils en auront besoin, et vice versa!! Au PARTI SOCIALISTE, je leur dis, nous sommes prêts à faire des fusions techniques, démocratiques, tout ce que vous voulez. Mais vous, si nous passons en tête, est ce que vous vous désistez pour nous? Il faut qu'on passe devant! Camarades, je ne règle pas de comptes avec le Parti socialiste, je veux qu'on batte la droite. Les listes autonomes au premier tour sont une manière de mobiliser le plus largement possible, pour affronter ensuite la droite.
Nous, notre modèle, c'est die Linke. Les élus du Parti de Gauche siègent dans les mêmes groupes que les communistes dans les trois assemblées: à l'Assemblée nationale, au Sénat et au Parlement européen. Le Parti de Gauche va être adhérent du même parti européen que le parti communiste français.
Pas de plateforme partagée avec le parti socialiste. Nous ne sommes pas partisans des ateliers.
Je vous invite à respecter le calendrier du Parti Communiste. Nous n'avons pas à nous mêler de la façon dont les communistes discutent. Mais, camarades communistes, c'est vous qui avez la main. Quand on fait un front commun, ce n'est pas pour fusionner. Nous on n'est pas NPA et ce n'est pas demain que nous allons le devenir. Et vice-versa, n'est-ce pas Pierre-François? Le NPA comme les communistes dit c'est une affaire de contenu, donc il faut travailler.
Mais là aussi la ligne a bougé. On se rassemble au deuxième tour pour battre la droite. On est tous d'accord!
Il reste un point à régler qui est un point sérieux: c'est la question des exécutifs. Je suis du point de vue que je veux que les points de vue avancent! Je ne vous apprends rien en vous disant que je suis plutôt du type gouvernemental. Mais Pierre François ne refuse pas de participer à des exécutifs, il veut bien gouverner pour appliquer notre programme. Les lignes bougent. Ce que les gens qui nous regardent se demandent, c'est: si ils y vont, est-ce qu'ils vont faire quelque chose? Je laisse la question des exécutifs pendante car c'est ce qui fait débat en ce moment.
Nous, on a fait une proposition. Nous ne sommes pas un parti pour les régionales. Il faut comprendre que chacune de nos batailles doit renforcer notre cohésion et la conscientisation du peuple français. Mettre l'ensemble des élections dans la bataille permet à chacun de comprendre que, lorsqu'il met son bulletin dans l'urne, c'est pour trois élections. C'est un moyen de contourner cette maudite présidentielle.
Je sais où on veut aller. Je n'ai pas peur. Je sais par quel bout on peut commencer le programme. Il ne suffit pas de le dire. Il faut que les Français en soient convaincus. Ayons de l'ambition, camarades, pour notre patrie républicaine et pour nous-mêmes!
Les camarades communistes ont dit qu'ils étaient pour faire des fronts. Nous, nous sommes partisans d'un front. Mais ce n'est pas une contradiction si grande. Nous non plus on n'a pas discuté du paquet dans notre congrès. C'est pourquoi je propose que chacun à sa manière, dans la forme de son parti, dans le respect de ses statuts, consulte ses adhérents.
Tout ça, ça marche, à la condition qu'on veuille que ça marche! Il faut qu'on en sorte par le haut, et on en sortira par le haut, en se fixant de grands objectifs.»
Unité... Unité...
La foule chante l'Internationale.
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