Analyses Politiques

Lundi 9 novembre 2009


La presse vient de révéler l'incroyable scandale du délabrement du réseau d'eau potable en France, entraînant un gaspillage évalué à 2 milliards d'euros. Feignant de découvrir le problème, le gouvernement, par la voix de Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, s'empresse de rejeter la faute sur « Les collectivités qui ont l'obligation par la loi de rechercher les fuites », en menaçant « de leur demander de ramener leur taux de perte à 15 %, voire moins dans les zones urbaines denses ». Mais ce gaspillage est avant le résultat du véritable pillage par les entreprises privées de ce bien commun de l'Humanité qu'est l'eau.


Aujourd'hui, en effet, près des trois quarts des communes font le choix de déléguer la gestion du service de l'eau aux multinationales Veolia, Suez, ou Saur, qui réalisent, comme l'ont démontré plusieurs fois des enquêtes menées par les associations de consommateurs, des marges bénéficiaires inouïes dans la plus totale opacité. Evidemment, les services de communication de ces compagnies du Cartel de l'eau ont immédiatement réagi pour dire leur accord avec la ministre sarkozyste, et « renvoient la responsabilité aux élus locaux », selon le JDD, en poussant la provocation jusqu'à prétendre - sans craindre les contradictions - que les réseaux français sont « en meilleur état qu'ailleurs » (Veolia) ou que leur rendement se situe « dans la moyenne européenne » (Suez)... il faudrait savoir !


C'est avant tout à cause de ces prédateurs, à qui des élus acceptent de déléguer leur mission de service public, que l'eau est aujourd'hui en France non seulement gaspillée, mais aussi de plus en plus marchandisée et polluée. Dans le monde, l'eau est en train de devenir un enjeu stratégique comparable au pétrole, sous la pression du modèle financier et productiviste, générant parfois des conflits armés.


Le Parti de Gauche considère que seule la gestion intégralement publique de l'eau, conçue et défendue à l'échelle mondiale et appliquée à l'échelle locale, est le seul modèle qui permet de garantir une exploitation raisonnée et la préservation de ce bien commun de l'Humanité. Contrairement à ce que dit le gouvernement Sarkozy, il ne s'agit donc pas de faire payer aux usagers et aux contribuables la remise en état d'un réseau que continueraient à exploiter sans vergogne les compagnies privées. L'eau doit redevenir publique !


Dans son manifeste pour les élections régionales, le Parti de Gauche déclare que « le droit à l'eau, la promotion de modes de consommation plus sobres sont également incompatibles avec une gestion privée qui pousse au contraire à la consommation irraisonnée et qui tire profit de l'inégalité d'accès croissante à cette ressource. » Le PG propose « que les régions mettent en place des structures Nous proposons que les régions mettent en place des structures régionales de gestion de l'eau. Ce afin d'inciter les communes à gérer ce bien commun en régie publique et de leur en fournir les moyens. De nouvelles politiques pourront alors être mises en œuvre, notamment sur le plan tarifaire : premiers mètres cubes gratuits afin de garantir le droit d'accès à ce bien commun, tarif progressif afin de décourager la surconsommation d'eau et la péréquation tarifaire afin de garantir l'égalité des citoyens. »


La bataille pour un grand service public de l'eau, partout sur le territoire, est centrale pour le Parti de Gauche. Il portera cette revendication lors de toutes les prochaines élections, mais aussi dans les mobilisations locales provoquées par la renégociation des contrats arrivés à terme. Il s'agit d'une bataille mondiale, et le Parti de Gauche participera également à la mobilisation contre le Forum Mondial de l'Eau qui se tiendra à Marseille en 2012, organisé par le prétendu Conseil Mondial de l'Eau, qui n'est qu'une officine des grandes multinationales du Cartel de l'eau.

Par Parti de Gauche 13éme circonscription élargie
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Mercredi 4 novembre 2009
Entretien de Jean-Luc MELENCHON avec Médiapart :


Votre présence au Panama vous offre un «bol d’air latino», loin des difficultés de l’unité de la gauche de gauche française… Quels enseignements retirez-vous du laboratoire sud-américain?


Je suis au Panama pour participer à une rencontre de parlementaires européens et d’élus d’Amérique latine. Je suis assez sceptique sur ce type d’initiative, j’attends de voir si ça va au-delà d’une super agence de tourisme. Mais au moins ça permet aux élites de se connaître. Le Panama en soi n’est pas franchement une source d’inspiration, car la gauche se résume à des socio-démocrates corrompus qui ont perdu les dernières élections et dont la moitié est en prison. Au moins cela montre ce qui se passe quand il n’y a pas d’«autre gauche» puissante. Vu d’Europe, on ne retient souvent que le côté exotique ou romanesque, considérant tout ça comme un ramassis d’indigènes ex-guerilleros. Pourtant, ce sont des sociétés extrêmement complexes et fragmentées, avec des syndicats et des partis jouant des rôles déterminants et qui ont connu toutes les formes possibles d’expérimentations politiques.
La première des leçons est celle d’être capable de s’adapter à des circonstances inattendues. A force d’alternance gauche/droite tournant finalement à la cogestion, la société se bloque et un événement fait tout basculer. Il ne s’agit pas de ne penser qu’en fonction d’un tel scénario mais il faut être capable de le garder à l’esprit et de ne pas l’écarter. Il ne faut pas oublier qu’en France, en deux siècles, on s’est fait cinq républiques, trois monarques et deux dictateurs. Ensuite, il faut regarder comment ont été géré les premiers temps au pouvoir. Par la réappropriation des biens essentiels, pour remplir les caisses de l’Etat. Puis, le renouveau des institutions démocratiques et la convocation d’assemblées constituantes, car on ne peut pas fonctionner si personne ne croit plus à rien. Enfin, la légitimité par le vote et le référendum pour faire approuver toutes nouvelles réformes. Tout cela a un lien direct avec ce qu’on essaie de construire en France.

Justement, quel bilan faites-vous du processus de discussions unitaires entre le
Parti de gauche, le PCF, le NPA et le reste de la gauche alternative? L'unité
semble mal engagée…


L’affaire n’est pas pliée. Déjà la décision du PCF de partir en autonome du PS au premier tour, alors que les socialistes étaient persuadés qu’il allait leur manger dans la main. Lors des européennes, il y a eu un choix à faire pour les électeurs sur l’alternative qui leur a été proposée, entre une version unitaire [le Front de gauche] et une version solitaire [le NPA]. Les deux étaient respectables, car on pouvait comprendre ce qu’a fait le NPA, vu le nombre de trahisons et d’actes manqués connus par le passé. Mais bon, ce choix a été tranché, et le Front de gauche l’a emporté, sans que personne ne sombre dans le ridicule. La question qui se posait ensuite, c’était déjà de maintenir l’unité du Front. C’est ce qui a été acté et c’est déjà un pas énorme pour moi, si l’on se rappelle que ça fait tout juste un an qu’on a quitté le PS et qu’on vient tout juste de franchir les 6.000 adhérents. Désormais, on passe à la deuxième étape: l’alliance avec le NPA. Et moi je suis persuadé que ça va marcher. Je connais le fond trotskyste, pour l’avoir fréquenté pendant ma jeunesse: ce n’est pas vrai que ce sont des sectaires. Ils sont construits sur la délimitation révolutionnaire et le parti d’avant-garde, mais ce n’est pas du sectarisme. On n’a pas cessé de leur dire qu’on ne leur proposait pas une fusion, mais une alliance. Je pense que s’ils font ce pari, il vont beaucoup nous apporter, nous transmettre leur «niaque» et leur implantation dans des secteurs où on n’est pas bon. On a payé très cher l’affaire des européennes. On devrait être aujourd’hui à la place d’Europe-Ecologie.

Vous semblez vouloir être le trait d’union entre PCF et NPA, mais visiblement
vos efforts ont du mal à payer…

Il y a eu deux temps dans le processus de discussions. Juste après les européennes, on s’est revus avec le NPA, entre gens de bonne compagnie, pour faire le point et passer à la suite. Ce sont eux qui ont proposé de réunir un groupe de travail. Le PCF a été extrêmement réticent au début. Du coup, tout le monde a regardé tout le monde et a eu des suspicions envers tout le monde. Mais la décision des communistes de partir en autonome est extraordinaire, car elle montre que le PCF n’est pas un parti d’élus au mauvais sens du terme et qu’il a envie de poursuivre la dynamique unitaire. Depuis, on ne peut pas dire que l’on brille par la précision des arguments. On ne peut pas accuser le NPA de ne pas vouloir battre la droite, alors qu’il est prêt à des fusions démocratiques dans l’entre-deux tours des régionales. Comme il faut avoir un culot monstre pour dire que le PCF s’aligne sur le PS, le jour où il choisit de s’en autonomiser au premier tour. Mais le deuxième temps ne commence que maintenant.

L’unité de la gauche de gauche est-elle condamnée à se fracasser sur un éternel désaccord entre anticapitalistes et communistes?

Il y a eu des progrès considérables. En 2005, au moment du référendum sur la constitution, tout le monde avait raison ensemble. En 2007, ça a été un plantage énorme et tout le monde a eu tort en même temps, surtout moi en pensant qu’on pouvait encore changer le PS et en acceptant la synthèse de Hollande au congrès de Dijon. Mais les européennes ont tout changé. Pour une fois, on a réussi à se mettre d’accord au moins à quelques-uns et on a eu cinq élus. C’est déjà un changement militant, avec des scores qui redonnent confiance dans certains endroits, où on a obtenu parfois plus de 25%. Aujourd’hui, le PS est en train de se rendre compte que la présence du Front de gauche risque de lui faire perdre son leadership dans les régions où il est en forte concurrence avec les écolos. Et ça, ça change tout! Car cela doit l’obliger à mettre de côté ses querelles de personnes et à clarifier son orientation et sa stratégie. Désormais, les socialistes seront obligés de choisir. Ils ne pourront pas faire et le Parti démocrate à l’italienne et Die Linke en même temps. Si Besancenot comprend cela, on peut renverser la table. Peut-être pas
nous directement mais au moins en faisant bouger les lignes.

Quelle attitude allez-vous adopter dans les régions où le PC choisirait de partir
avec le PS dès le premier tour?


L’encre du texte national autonome du PCF n’était pas encore sèche que déjà tous les médias spéculent sur les exceptions locales. Il y aura des communistes sur des listes autonomes sur tout le territoire. Si jamais des élus partent avec des socialistes, ça fera de la place pour les autres! Je prends les paris que si des régions font le choix du PS au premier tour, des communistes viendraient tout de même sur les listes du Front de
gauche. De ce côté-là, je dors sur mes deux oreilles. Reste à convaincre encore le NPA et je pense que ça va marcher.

La question du MoDem pourrait aussi être problématique. Vous allez encore direque les médias spéculent sur de possibles alliances du PS avec le PCF et avec le centre, mais que faire si cette hypothèse se produit?

Se poser cette question, c’est déjà passer du stade du fantasme à un stade plus précis du questionnement politique. Je n’ai aucune inquiétude, car c’est le point qui a fait bouger le PCF en notre faveur. Pourquoi toujours soupçonner les communistes d’être des menteurs? Il ne s’agit pas d’être des menteurs mais de se plier à une «pression unitaire» de l’électorat voulant infliger une défaite à la droite. Après tout, le PCF et le MoDem cogèrent bien déjà des municipalités derrière le PS. Vous n’avez pas peur d’avoir mauvaise figure en cas de revirement?
Jamais il n’y aura un membre du PG dans un exécutif régional avec le MoDem. S’il y en a un seul qui y met le bout du doigt, il sera foutu dehors dans la seconde. Et ceux qui en doutent n’ont qu’à se référer à la législative partielle de Poissy. Le candidat socialiste a refusé de se prononcer sur le MoDem, et bien nous aussi. Et pourtant, j’en
ai fait des combats sur le désistement républicain. Mais commencer à fusionner avec les démocrates, c’est prendre le même chemin qu’en Italie, où la gauche finit par disparaître à force de fusionner avec la droite. Après, on va bien voir. Il est possible qu’ici ou là, il y en a qui craque. Mais ce n’est même pas sûr. Et ce ne sera pas le fait
de la «pression unitaire», mais plutôt celui de pressions individuelles.

Vous ne craignez pas que le PS refuse votre proposition de fusion démocratique pour ne privilégier que les partenaires qui s’engagent à participer à des exécutifs?

Cela suppose déjà que nous soyons derrière, mais admettons. Ce n’est pas difficile: c’est ça ou rien. Je voudrais bien connaître le président sortant qui serait fatigué d’être président de région et qui me répondrait «rien». On fait un score au premier tour, ça nous donne droit à tant d’élus sur une liste commune. Et si c’est non, ce sera au revoir! Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est de la sauvagerie, car on a toujours fait comme ça dans l’histoire de la gauche…

Et tant pis si le PCF n’adopte pas la même position intransigeante?

Ce serait une erreur totale.

Pour quelles raisons vous êtes-vous proposé comme tête de liste possible en Languedoc-Roussillon, puis en Île-de-France, où le PCF n'a pas l'air «chaud» pour vous faire de la place?

Il faut en discuter. Moi je pense que je peux aider à faire un bon score. Maintenant, je ne vais pas me battre pour ça non plus. Mon ambition n'est pas de commencer une carrière de conseiller régional, aussi noble soit-elle. D'abord parce que je ne cumule pas et que je conserverais mon poste de député européen, à moins d'être élu président
de région. En Languedoc-Roussillon, ce ne sont que des discussions qui ont été rendues publiques. En Île-de-France, j'ai répondu comme ça à une question de journaliste, juste après avoir tempêté contre le scandale de l'Epad, que j'étais un des premiers à avoir dénoncé. L'Île-de-France, je connais quand même un peu. J'y étais élu durant deux mandats de conseiller général et deux mandats de sénateur. Alors oui, cette région m'intéresse! D'abord, parce que ça va être dur face à la droite, donc il faut aller chercher le ban et l'arrière-ban de l'électorat, en allant bien au-delà du sempiternel vote utile des socialistes. Il va falloir aller chercher le vote des classes
populaires, et celles-là, le PS ne sait plus aller les chercher. Enfin, en Île-de-France, le PS risque de ne pas arriver en tête de la gauche au premier tour. Et c'est ici que l'on retrouve les principaux cadors du PS. Leur mettre un coup de semonce en Île-de-France, c'est leur mettre un coup dans la cabine de pilotage. Je ne prendrai la place de personne, mais je peux avoir une certaine capacité à entraîner une dynamique. Mais l'essentiel reste pour moi que l'on arrive à constituer le bloc des gauches le plus large possible.

Le PCF et le NPA vont consulter leurs militants sur la stratégie aux régionales. Et le Parti de gauche? Puisque vous revendiquez 6.000 adhérents, ne faut-il pas commencer à mettre en place des procédures de démocratie interne?

Nous sommes encore un petit parti, avec trois députés et deux sénateurs. On se concentre sur l'action militante, car ça nous paraît le plus important pour le moment. On ne veut pas reproduire le zoo socialiste. Bon, j'ai fait une erreur en pensant qu'en un an on pouvait tout faire. Donc, on a repoussé le deuxième acte de notre congrès
fondateur au lendemain des régionales [il était prévu en décembre], car on a pas le temps de tout mener de front. On était à fond dans les européennes, puis dans les discussions unitaires. Pour l'heure, on est en train de boucler notre programme, que l'on appelle nos «lignes d'horizon». Puis on va intégrer concrètement Martine Billard et ses amis, et ce sera l'achèvement de la mutation du PG, de la première gauche vers l'écologie. Quant au vote de nos militants, on aurait pu le faire si on avait fait voter les adhérents de toutes nos organisations en même temps, ç'aurait été sympa. Mais là, je vais trop vite. Le PG est celui qui a le moins à perdre à prendre des risques, par rapport au PCF et au NPA. Pour l'instant, les premiers savent qu'on fera le Front de gauche avec eux, les seconds savent que nous sommes un allié potentiel pour eux. Si on arrive à se réunir, on ne comptera plus les endroits où on passera les 10%. Et là, on aura un entredeux tours marrant, avec nos amis socialistes…
Par Parti de Gauche 13éme circonscription élargie
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Lundi 28 septembre 2009


La gauche antilibérale n’est plus marginale en Europe. Cette bonne nouvelle constitue la principale leçon des scrutins législatifs allemands et portugais, organisés dimanche. Deux scrutins marqués par un recul des formations social-libérales, quoiqu’en l’espèce « libéral-sociales » conviendrait mieux.

C’est bien évidemment l’Allemagne qui occupait les écrans de télé hier soir. Et sans surprise, dès les premières estimations, il était surtout question de la réélection d’Angela Merkel. Mais celle-ci ne saurait à elle seule résumer un scrutin dont les résultats montrent le rejet des électeurs de la grande coalition droite-gauche (CDU/CSU-SPD) qui gouvernait le pays depuis 2005.
- Une participation électorale historiquement basse. Signe d’une désaffection des électeurs, le taux de participation aux élections du 17e Bundestag a été de 72,5% contre 77,7% en 2005, qui marquait déjà un record à la baisse. Dans les années 1980, la participation était comprise entre 84 et 90%.
- Les deux grands « Volksparteien » (partis populaires) reculent. La CDU/CSU conservatrice et le SPD de centre-gauche, qui gouvernaient ensemble depuis 2005 ont obtenu dimanche leur plus mauvais score depuis des décennies. Cette désaffection des électeurs profite aux trois petites formations représentées au Bundestag : le FDP, Die Linke et, dans une moindre mesure, les Verts.

La nouvelle coalition gouvernementale

- Angela Merkel n’a pas de raisons de pavoiser. Certes la CDU/CSU l’emporte. Mais elle essuie son deuxième plus mauvais score depuis la fondation de la République fédérale allemande, autour de 33,5-34% dimanche, contre 31% en 1949. Ce recul est particulièrement frappant dans le Schleswig-Holstein, un Land du nord de l’Allemagne, où se déroulait parallèlement des élections régionales : la CDU du ministre-président sortant Peter Harry Carstensen y reste le premier parti en dépit de lourdes pertes qui la font reculer de 40,2% (score en 2005) à 32,7%, son pire résultat régional.
- Petite formation charnière, le FDP est le principal gagnant du scrutin. Avec 14,6% et 93 sièges, la formation de Guido Westerwelle est la nouvelle alliée de Mme Merkel. C’est un parti libéral qui préconise des baisses d’impôt plus marquées que la CDU et un assouplissement des conditions de licenciement.

Rééquilibrage à gauche

- Le SPD obtient son pire score en 60 ans. Avec 23,1% des voix, le SPD ne devrait obtenir que 147 ou 148 sièges, soit 70 de moins que dans la chambre sortante. Depuis la fondation de la République fédérale en 1949, jamais le SPD n’avait fait moins que 28,8%. C’était en 1953. Avec cette défaite cinglante, le SPD solde l’ère Schröder, quand le chancellier social-démocrate conduisait une politique de Troisième voie qui consistait à faire avaler à sa base électorale des politiques économiques et sociales que la droite aurait eu du mal à faire passer. Il récolte aussi les fruits de son choix de 2005 de gouverner avec la droite conservatrice plutôt que de s’appuyer sur une majorité SPD-Verts-Die Linke. Son candidat à la chancellerie, Frank-Walter Steinmeier était vice-chancelier et numéro deux de la coalition sortante, et avait le portefeuille des Affaires étrangères dans le gouvernement d’Angela Merkel.
- Die Linke progresse spectaculairement sur la gauche du SPD. En 2005, cette nouvelle formation qui n’était alors qu’une alliance électorale avait réuni 8,7% des suffrages. C’est depuis dimanche le quatrième parti d’Allemagne, avec 12,4% des voix et 76 à 79 sièges. Il devance les Verts (10,6%) qui gagnent un peu plus de deux points. « Nous sommes désormais le parti qui fera pression pour que l’Etat social soit reconstitué », a déclaré son coprésident Oskar Lafontaine, transfuge du SPD.

La progression de Die Linke, né d’une fusion du PDS (communiste), implanté surtout à l’Est, avec des sociaux-démocrates hostiles à l’évolution vers le centre du SPD, ne manquera pas d’animer les discussions en cours au sein de la gauche française. Elle donne des arguments à tous les partisans d’un front de gauche durable qui assume la confrontation avec le PS. Et sera vraisemblablement au cœur des discussions de la réunion, prévue en fin d’après-midi, entre le PCF, le Parti de gauche, le NPA, la Gauche unitaire, la Fédération pour une alternative sociale et écologique et les Alternatifs, en vue des régionales.

Une « victoire » en trompe l’oeil

Ce n’est pas le résultat des élections législatives portugaises, qui se tenaient aussi hier, qui infirmeront cette analyse. Car même si le Parti socialiste du Premier ministre sortant José Socrates emporte la victoire, avec 36,56% des voix contre 30,37% pour ses rivaux de centre-droit.  [1], les socialistes européens auraient tort de ce réjouir de ce résultat.
- 
L’abstention explose. Selon les mêmes résultats partiels, le taux d’abstention avoisine les 40%, un record absolu pour des élections législatives depuis l’avènement de la démocratie au Portugal en 1974.
- Le PS portugais recule fortement. Certes avec 96 sièges au Parlement, il obtient une large victoire face au Parti social démocrate (PSD, 29,09%, 78 sièges) qui n’est pas un parti de gauche, contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire puisque c’est la formation politique du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Mais les socialistes sont loin de conserver la majorité absolue conquise en février 2005 avec 121 sièges sur 230 au parlement.
- La poussée de la gauche antilibérale se confirme même si elle est de moindre ampleur qu’aux élections européennes. Elle disposera de 31 élus : 16 pour le Bloc de gauche (9,85%), 15 pour la Coalition démocratique et unitaire (CDU) des communistes et verts (7,88%).

José Socrates, « socialiste moderne »

Ce rééquilibrage de la gauche s’explique par la politique conduite par José Socrates, archétype du « socialiste moderne » si prisé des médias bien pensants. Elu secrétaire-général du PS en 2004, Socrates est nommé Premier ministre en mars 2005. Aux prises avec une croissance au point mort et des finances publiques catastrophiques [2], il parie alors sur le secteur privé comme moteur de la reprise et sur un « choc technologique », et prend sans états d’âme des mesures impopulaires : hausse de la TVA (de 19 à 21% !), réduction de la fonction publique, réforme du code du travail, allongement de l’âge de la retraite (à 66 ans !!)... Ce qui a fait dire à Sarkozy, lors de leur première rencontre à Lisbonne en avril 2007 : « Heureusement que les socialistes français ne sont pas comme lui, sinon j’aurais du mal à me positionner ! »
Lui même, ami personnel du chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero, dit « apprécier » Nicolas Sarkozy dont il loue le « caractère iconoclaste » et le « goût du risque ». Les « chaleureuses félicitations » que ce dernier lui a adressé dimanche soir à l’annonce de sa victoire n’étaient pas simplement diplomatiques.
Malgré ces états de service en faveur du néolibéralisme et de l’européisme béat (c’est sous sa présidence de l’UE qu’a été concocté le traité de Lisbonne), il ne manquera pas bonnes âmes moralistes pour nous expliquer que Socrates reste un homme de gauche. On nous rappellera qu’il fait adopter une loi sur la parité homme-femme, la dépénalisation de l’avortement, l’autorisation de la recherche sur les cellules embryonnaire. Et qu’il a promis de légaliser le mariage homosexuel. Comme si les réformes sociétales pouvaient faire oublier l’absence de mesures sociales.

Par Parti de Gauche 13éme circonscription élargie
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Mercredi 1 juillet 2009


Le NPA et le Parti de Gauche constatent les ravages provoqués par la crise globale du système capitaliste, à la fois économique, sociale et écologique, dans laquelle la politique des classes dirigeantes a plongé le monde. Ils dénoncent la vague de licenciements qui frappe de plein fouet le monde du travail et l'offensive de Nicolas Sarkozy, de la droite et du Medef contre les salariés annoncée lors du Congrès de Versailles et dont la volonté de retarder l'âge du départ à la retraite est un élément phare.

Face à cette offensive pour faire payer les frais de la crise aux classes populaires, devant l'urgence de la situation, quelques soient par ailleurs les divergences entre les deux formations, le NPA et le Parti de Gauche souhaitent œuvrer à la préparation d'une contre-offensive du monde du travail pour faire valoir ses exigences au premier rang desquels la garantie d'un emploi, l'augmentation des salaires mais aussi tout refus de recul de l'âge de la retraite.

Les deux partis soulignent également l'ambiguïté du vote Europe Ecologie. Il reflète une prise de conscience salutaire de la crise écologique. C'est décisif ! Mais ses porte-paroles en font aussi une stratégie politique pour dépasser le clivage gauche/droite. Pour nous, on ne peut ignorer le lien étroit entre la logique prédatrice du capitalisme et le désastre environnemental. Ils s'accordent pour favoriser l'unité la plus grande contre les projets de la droite et du patronat que ce soit dans le domaine social, écologique, et des droits et des libertés. Le NPA et le Parti de Gauche sont ainsi unis actuellement dans la mobilisation contre l'EPR ou dans le comité national contre la privatisation de La Poste. Mais ils avancent aussi des propositions d'initiatives sur le terrain de la lutte contre les licenciements. Les deux formations estiment aussi indispensable d'unir les forces de gauche et des écologistes qui rejettent la logique du système capitaliste aux élections régionales. Il est urgent de rendre plus crédible une véritable alternative au système.

 

Les deux partis constatent que les propositions issues de leurs instances nationales respectives sont suffisamment proches pour leur permettre d'avancer dans cette voie unitaire pour les élections régionales. En conséquence, ils se prononcent au premier tour des régionales pour un accord national pour les 21 régions hexagonales sur des listes associant les forces qui composent aujourd'hui le Front de Gauche comme le PCF et le Parti de Gauche et le NPA, LO, Alternatifs, Alterekolo et les autres courants qui sont dans la Fédération, militant-e-s de quartiers ou du mouvement social. Le NPA les nomme « forces anticapitalistes », et le PG « l'autre gauche ». Ces listes seraient porteuses des exigences des classes populaires, d'un programme d'urgence en rupture avec la logique capitaliste et le productivisme pour les régions. Elles seront autonomes et indépendantes du PS et des listes de type Europe Ecologie. Au second tour, les listes soutenues par le Parti de Gauche et le NPA se battront pour faire gagner la gauche et empêcher que des régions basculent à droite. Pour cela, les deux organisations se prononcent d'ores et déjà pour des fusions « techniques » ou « démocratiques » des listes de gauche à l'exception de tout accord incluant le Modem.

 

Les deux partis estiment que leur rencontre aujourd'hui contribue à renforcer une dynamique positive et s'en félicitent. Un rassemblement aussi ambitieux est possible, il peut changer bien des choses. Pour le rendre toujours plus crédible, le Parti de Gauche et le NPA vont poursuivre leurs contacts, et s'invitent d'ores et déjà à leurs rendez-vous de l'été. Ils proposent également à tous les partenaires pressentis un groupe de travail commun pour commencer à avancer sur le contenu de ce que pourrait être le programme d'un tel rassemblement pour les régionales.

 

Sur le plan local, dès la proclamation des résultats, le 7 juin au soir, un contact discret avait été engagé entre nos deux formations . Nous nous dirigeons donc vers une période constructive faite de travail ,de concertation  et de respect mutuel afin de nous préparer  à affronter la droite lors des élections Régionales de 2010.

 

Dès le mardi 16 juin, le Parti de Gauche 13ème circonscription avait officiellement appelé au dialogue  et au rapprochement ses partenaires avérés et potentiels que sont le PCF et le NPA, nous sommes aujourd'hui particulièrement satisfait d'observer la concrétisation de notre démarche et allons développer la notion de Parti Creuset.

Par Parti de Gauche 13éme circonscription élargie
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Jeudi 21 mai 2009


L'idée devait trotter dans sa tête depuis quelques temps déjà mais c'est ce 20 mai que le Conseiller Municipal Istréen, droit dans ses baskets, a créé l'événement une seconde fois (après sa rupture fracassante avec le groupe "Istres avec vous") en annonçant très clairement  et sans ambages dans la Presse, l'orientation qu'il souhaitait donner à son engagement politique, confirmant ainsi son engouement pour le Gaulliste.

Certains se demanderont pourquoi, sur un site "Parti de Gauche" ce sujet est évoqué ? Et bien si comme je vous le suggérais sur mon blog personnel vous avez attentivement suivi le débat organisé par RTL entre Nicolas DUPONT-AIGNANT, Jean-Luc MELENCHON et Patrick BALKANY il ne vous a pas échappé qu'un certain nombre de point de vue sur l' Europe sont convergents entre Debout la République et le Front de Gauche.....par exemple :

-Le rejet du Traité sur la Constitution Européenne
-Une approche sociale de l' Europe
-Le refus de l'intégration de la France sous commandement de l' OTAN
-Le refus des délocalisations
-Le refus de la libéralisation des services Publics
-Refus du principe de "concurrence libre et non faussée"

De quoi nous faire réfléchir non ?

Par Parti de Gauche 13éme circonscription élargie
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